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SPIRITUALITE DES SOEURS DE LA DOC

LA VEILLESSE......

Rédigé par SPIRITUALITE DES SOEURS DE LA DOC.over-blog.fr Publié dans #REFLEXIONS

Intervention par une soeur de la Doctrine mars 2018  dans le cadre de la pastorale de la santé

 

Evidemment ce dont je vais parler est un propos situé, c’est-à-dire que :

J’ai 87 ans ; de par mon choix de vie, j’ai une communauté donc je ne suis pas seule, j’appartiens à une congrégation qui me prend en charge jusqu’à ma mort ; en plus, ma tête est toujours bonne. C’est trois éléments sont importants dans la vie et particulièrement dans la vieillesse. Cela voudrait-il dire que l’ensemble de mon propos est limité à ces vieillards qui réunissent des possibles ? Oui, parce une certaine sécurité matérielle est nécessaire pour mettre en œuvre quelques-unes de nos facultés. Quand des personnes sont dans de grandes conditions de misère, cela n’est pas possible. Non, en ce sens que dans tous les cas, il est important de chercher toujours chez chacun ce qui est encore de l’ordre du possible comme force de vie… (Nous en reparlerons.)

Malgré certains avantages, j’affirme cependant que la vieillesse est pour tous un temps de renoncements :

  1. Renoncement à son corps de jeunesse :

  • Rides

  • Corps déformé

  • Les petits maux et grands maux apparaissent

  • Lenteur de mouvements qui va en s’accentuant

  • Infirmités de tous genres

  1. Renoncement à une certaine socialisation

  • La profession pose quelqu’un au plan sociale, ce que la retraite ne fait pas

  • A un moment donné, renoncement aussi à un bénévolat.

  • A savoir : Nous sommes utiles, jamais indispensables, parfois nous pouvons devenir encombrants parce nous ne sommes plus ajustés.

  1. Renoncement à certaines actions qui valorisaient la personne et que l’on ne peut plus entreprendre (par manque de forces physiques mais aussi, le temps va si vite, parce qu’on ne peut plus s’adapter)

Renoncement à juger ma vie, surtout à juger ma vie selon des critères « mondains ».

  1. Ces renoncements vont aller en s’accentuant jusqu’à ma mort : Un autre te conduira…

Et je pourrais continuer la liste.

A remarquer cependant que tous ces renoncements sont de l’ordre de l’action et du paraître et non pas de l’ordre du cœur et de l’esprit et de l’être.

Alors la question se pose :

Comment avec tous ces constats vivre et gérer une période de ma vie : la vieillesse ?

Je dis bien une période de ma vie et non pas une période de ma mort

Ne pouvant plus vivre au niveau du faire, il me faut privilégier le niveau de l’être. C’est l’être que je suis qui doit se développer tout au long de la vie.

En d’autres termes, avec tous les constats, quels moyens mettre en œuvre pour vivre cette période ?

Il est beaucoup plus facile alors de se laisser mourir que de continuer à combattre pour vivre. (Ici, je reviens à mon propos du début : dans tous les cas de vieillissement, il est important d’aider à vivre donc de combattre). C’est donc le banal quotidien qui devient le lieu de mon combat, (et qui aurait toujours dû l’être finalement) et ce n’est pas la multiplicité des distractions recherchées sans cesse qui m’aideront beaucoup.

Comment passer ce temps dans une certaine harmonie, comment, selon la belle expression d’Olivier Clément, transfigurer le temps, oui, et même le ré enchanter ?

  1. En tout premier lieu mettre en œuvre discrétion, volonté et lucidité.

 

  • Ne pas étaler tout le temps et à tout le monde, mes maux, mes ennuis… cela ne peut m’aider en rien et cela finit par lasser l’entourage qui s’éloigne.

Si je suis croyante, ne pas oublier d’offrir mes souffrances, je participe ainsi avec le Christ à aider bien des personnes en souffrances dans le monde : chômeurs, pays en guerre, personnes en détresse…

  • Mettre en œuvre ma volonté :

Les personnes âgées pour la plupart connaissent des levés pénibles, des difficultés à se mouvoir, à entreprendre leur toilette. L’important, malgré cela, c’est de rester un être social, propre, habillé simplement mais avec goût, être « belle » entre guillemets pour moi et pour les autres, essayer d’être un beau vieillard en somme.

Cette prise en charge de mon corps est le premier acte courage de la journée.

  • Soigner mon corps implique aussi une collaboration simple et franche avec mon médecin. Lui a la science, moi, j’habite mon corps et les échanges entre les deux contribuent souvent à un mieux-être sans pour autant retrouver la vigueur de ses vingt ans ! Surtout ne pas croire que le médecin va me prendre en charge totalement, idem pour le personnel soignant des hôpitaux ou des maisons de retraite.

  1. Continuer à vivre au niveau du cœur

  • M’intéresser discrètement aux personnes de mon quotidien : Dans mon école, je m’intéresse aux personnes que je rencontre, j’écoute leurs joies, leurs peines, leurs interrogations. Que d’occasions me sont offertes au cours d’une journée pour déployer une bienveillance fondamentale. Tant de personnes recherchent une écoute. Le journal, les médias peuvent aussi m’aider à ouvrir mon cœur en prenant les détresses dans ma prière et ma pauvreté.

Mon cœur vit ainsi au rythme du monde et au rythme de Dieu : le monde a besoin de cœurs

Ainsi je m’humanise de plus en plus et je me christianise aussi de plus en plus.

  1. Continuer à vivre au niveau de ma tête

  • Nous ne disons pas assez que c’est dans notre tête que tout commence.

Je ne résiste pas au plaisir de vous citer le début du sermon de carême, donné cette année au Vatican, par le prédicateur attitré de ce lieu, le Père Cantalamessa :

Je cite

« Avant toute action, le changement doit avoir lieu dans la manière de penser, c’est-à-dire dans la foi »

Autrement dit, pour changer de comportement pendant le carême, pour se « convertir » le baptisé doit avant tout veiller sur ses pensées, l’action suivra :

Tout, en nous, part de notre pensée :

Surveille tes pensées car elles deviendront des paroles.

Surveille tes paroles car elles deviendront des actes.

Surveille tes actes car ils deviendront des habitudes.

Surveille tes habitudes car elles deviendront ton caractère.

Surveille ton caractère car il sera ton destin. »

  • Pourquoi, je vous dis cela ? parce que dans la vieillesse, même si la tête n’a plus la fraicheur d’autrefois, la tête, l’imagination travaille plus que jamais : une certaine oisiveté y est pour quelque chose (ceci dit en passant, le travail est un fameux remède à tous nos fantasmes).

Ce qui peut habiter ma tête à mon âge, c’est d’abord tout mon passé qui réapparaît :

Comment se présente à moi mon passé ?

Tantôt, comme un raté, tantôt un exploit merveilleux, mais plus souvent comme un raté.

Beaucoup de vieillards affirment qu’ils ont tout raté !

J’ai une fois entendu une personne dire qu’elle avait réussi tout ce qu’elle avait entrepris ; l’erreur était de taille.

Ce qui veut dire que si je me prends à me juger, ou je culpabilise ou je me glorifie, aucune de ces attitudes n’est juste.

Si le bon sens m’aide à m’apaiser, la foi a ici un rôle déterminant. Seul, le Dieu d’amour mesure le poids de mon existence. Dans ces moments troubles, mon acte d’abandon à sa miséricorde infinie me pacifie et libère mon imagination de tourments néfastes. Ma tête est le temple de Dieu, il faut en chasser les vendeurs.

Attention ! Si vous visitez des Vieillards, certains ont eu des vies tumultueuses et qu’il faut écouter et après, parler de ce qu’ils ont déjà réparé et aussi de l’infinie miséricorde de Dieu.

Le futur avec ses interrogations vient m’envahir aussi. Comment se manifeste-t-il ? Chaque bobo conséquent me projette devant la perspective de la mort prochaine avec un cortège d’angoisses, d’interrogations multiples.

Et mes interrogations sur l’au-delà n’en finissent pas.

Le meilleur remède : vivre l’Aujourd’hui avec une confiance éperdue en ce Dieu fidèle, plus attentif à moi que moi-même.

Le présent occupe aussi ma tête. Attention ! mon « ego » risque parfois de prendre le dessus d’où les susceptibilités, les petites colères face aux autres encore dans l’activité et qui ont la vedette.

Accepter d’être tout simplement là et me réjouir de ce que réalisent les autres, c’est une source de bonheur.

Pour conclure

Dans ce combat journalier, où mon horizon spatial se rétrécit considérablement, mon horizon intérieur, lui peut s’élargir peu à peu à l’Aujourd’hui de Dieu et me lasser percevoir, à travers mes pauvretés physiques et autres, combien, être témoin de sa lumière et de son cœur, implique ce dépouillement continuel.

Dieu nous fait advenir alors peu à peu dans l’état « pacifiant » que nous vivrons dans l’éternité.

Alors, la mort, le dernier acte de notre vie, verra une porte s’ouvrir sur monde éternel de lumière et d’amour et nous verrons Dieu qui nous dira : viens, je t’attendais !!!

Cela nous le vivons dans la foi !!!

La vraie question, durant toute la vie, mais plus précisément au temps de la vieillesse n’est-elle pas :

Est-ce que je consens à remettre ma vie à Dieu ?

Vieillir en beauté

Vieillir en beauté, c’est vieillir avec son cœur ;

Sans remords, sans regret, sans regarder l’heure ;

Aller de l’avant, arrêter d’avoir peur ;

Car, à chaque âge, se rattache le bonheur.

 

Vieillir en beauté, c’est vieillir avec son corps ;

Le garder sain en dedans, beau en dehors.

Ne jamais abdiquer devant l’effort.

L’âge n’a rien à voir avec la mort.

 

Vieillir en beauté, c’est donner un coup de pouce

A ceux qui se sentent perdus dans la brousse,

Qui ne croient plus que la vie peut être douce

Et qu’il y a toujours quelqu’un à la rescousse.

 

Vieillir en beauté, c’est vieillir positivement.

Ne pas pleurer sur ses souvenirs d’antan.

Etre fier d’avoir les cheveux blancs

Car pour être heureux on a encore le temps.

 

Vieillir en beauté, c’est vieillir avec amour,

Savoir donner sans rien attendre en retour ;

Car, où que l’on soit, à l’aube du jour.

Il y a quelqu’un à dire bonjour.

 

Vieillir en beauté, c’est vieillir avec espoir

Etre content de soi en se couchant le soir

Et lorsque viendra le point de non-recevoir,

Se dire qu’au fond, ce n’est qu’un au revoir.

Extrait de la revue : la vie des franciscains Avenue du chant d’oiseau 1150 Bruxelles

 

 

 

 

 

 

 

 

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